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RÉGLEMENTATION & DPE

Louer un logement classé F en 2026 : ce qui est encore permis

Louer un logement classé F en 2026 : ce qui est encore permis

Vous possédez un logement étiqueté F et vous vous demandez s'il est encore louable ? Oui : en 2026, mettre en location une passoire thermique classée F reste autorisé. Seuls les logements classés G sont interdits à la location depuis le 1er janvier 2025. Mais cette tolérance a une échéance claire : le 1er janvier 2028. Voici, calendrier et chiffres officiels à l'appui, ce que vous avez le droit de faire aujourd'hui — et comment éviter de vous retrouver bloqué dans deux ans.

Classe F : encore louable en 2026, et voici pourquoi

Un logement décroche l'étiquette F lorsque sa consommation se situe entre 331 et 420 kWh/m²/an d'énergie primaire (au-delà de 420, il bascule en G). En 2026, ce logement peut toujours être mis en location : la loi Climat et Résilience ne le classe pas encore parmi les logements « indécents ».

Ce qui est en revanche déjà interdit :

  • Louer un logement classé G : interdiction en vigueur depuis le 1er janvier 2025, pour tout bail signé, renouvelé ou reconduit tacitement à partir de cette date.
  • Louer un logement consommant plus de 450 kWh/m²/an : interdit depuis le 1er janvier 2023 (les passoires G les plus énergivores).

La classe F est donc aujourd'hui la dernière étiquette « limite » encore acceptée pour signer un nouveau bail d'habitation.

Le calendrier des interdictions de location

La loi Climat et Résilience programme un durcissement progressif du critère de décence énergétique : un logement doit afficher au minimum la classe F depuis 2025, la classe E à partir de 2028, puis la classe D à partir de 2034.

Classe DPE (énergie primaire)Interdiction de mise en location (France métropolitaine)
G — plus de 420 kWh/m²/anDepuis le 1er janvier 2025
F — 331 à 420 kWh/m²/anÀ partir du 1er janvier 2028
E — 251 à 330 kWh/m²/anÀ partir du 1er janvier 2034

Concrètement, votre logement classé F devra atteindre au moins la classe E avant le 1er janvier 2028 pour rester louable. En outre-mer, le calendrier est décalé : les G sont interdits en 2028 et les F en 2031.

Le piège souvent oublié : le gel des loyers s'applique déjà à votre F

Être encore « louable » ne signifie pas « sans contrainte ». Depuis le 24 août 2022, il est interdit d'augmenter le loyer d'un logement classé F ou G. Cette règle s'applique à :

  • la révision annuelle du loyer (indexation sur l'IRL) ;
  • une relocation à un nouveau locataire ;
  • un renouvellement de bail.

Le seul moyen de débloquer une hausse de loyer est de réaliser des travaux qui font sortir le logement de la catégorie passoire. Tant que votre bien reste en F, son loyer est gelé.

Vous n'êtes pas certain de votre étiquette ni de ce qu'elle vous autorise concrètement ? Notre rapport DPE personnalisé (8,49 €) analyse votre diagnostic et vous indique précisément ce que vous pouvez faire : louer, ajuster le loyer ou prioriser certains travaux.

Bonne nouvelle 2026 : le nouveau calcul de l'électricité peut vous sortir du F

Un changement entré en vigueur le 1er janvier 2026 peut jouer en votre faveur. Le coefficient de conversion de l'électricité en énergie primaire est passé de 2,3 à 1,9. Pour un logement chauffé à l'électricité, la consommation d'énergie primaire affichée recule d'environ 17 %.

Résultat : certains logements jusqu'ici classés F (et même quelques G) « tout électrique » basculent automatiquement en E, sans le moindre travaux. Si c'est votre cas, vous pouvez faire régénérer gratuitement votre DPE sur l'observatoire DPE-Audit de l'ADEME, sans nouvelle visite, dès lors que le nouveau calcul vous est favorable (votre DPE reste valable 10 ans).

À l'inverse, si votre logement est chauffé au gaz ou au fioul, cette réforme ne change rien : c'est souvent l'étiquette des émissions de gaz à effet de serre (CO₂) qui vous bloque.

Réforme « Relance logement » d'avril 2026 : un assouplissement voté ? Pas encore

Le 23 avril 2026, le Premier ministre Sébastien Lecornu a présenté un projet de loi « Relance logement » qui prévoit d'assouplir l'interdiction de louer les passoires F et G. Le principe : autoriser la remise en location à condition de signer un contrat de travaux avec une entreprise qualifiée, avec un délai de 3 ans pour une maison individuelle et de 5 ans pour un appartement en copropriété. Le gouvernement évoque environ 700 000 logements potentiellement remis sur le marché.

Attention : à ce jour, ce texte n'est pas encore adopté. Son examen au Sénat est attendu dès le mois de juin, pour un vote espéré avant la fin de l'année. Tant qu'il n'est pas voté et promulgué, les règles actuelles s'appliquent intégralement. Ne fondez aucune décision de location sur une loi qui n'existe pas encore.

Combien coûte de faire sortir un logement de la classe F ?

La vraie question, pour un bailleur, c'est l'échéance de 2028 : mieux vaut anticiper les travaux que se retrouver avec un bien interdit à la location.

Cas concret : une maison classée F de 100 m². Pour gagner une à deux classes (passer en E, voire en D), il faut généralement combiner plusieurs postes : isolation des combles et des murs, ventilation, et remplacement du chauffage par un système performant (une pompe à chaleur, par exemple). Le coût d'une rénovation énergétique se situe en moyenne entre 200 et 450 €/m², soit un ordre de grandeur de 20 000 à 45 000 € pour 100 m² en rénovation d'ampleur.

Bonne nouvelle : les aides peuvent couvrir une part importante de la facture. Avec MaPrimeRénov' parcours accompagné (qui exige un gain d'au moins deux classes) et les Certificats d'économies d'énergie, la prise en charge des postes énergétiques varie le plus souvent de 25 à 70 % selon vos revenus. Ces chiffres restent des ordres de grandeur : le coût réel dépend de l'état du bâti, de la région et des travaux retenus.

Pour chiffrer votre projet et identifier les aides auxquelles vous avez droit, faites estimer votre rénovation.

À retenir
  • Un logement classé F est encore louable en 2026 ; seuls les G sont interdits depuis le 1er janvier 2025.
  • Échéance à anticiper : les F seront interdits à la location au 1er janvier 2028 (E en 2034).
  • Le loyer d'un F est gelé depuis le 24 août 2022, sauf travaux de rénovation.
  • Le nouveau calcul DPE 2026 (coefficient électricité 2,3 → 1,9) peut faire passer un F électrique en E sans travaux.
  • La réforme d'assouplissement d'avril 2026 n'est pas encore votée : les règles actuelles restent la référence.

Questions fréquentes

Peut-on encore louer un logement classé F en 2026 ?

Oui. En 2026, un logement classé F peut être mis en location en France métropolitaine. Seuls les logements classés G sont interdits depuis le 1er janvier 2025. L'interdiction des F est programmée pour le 1er janvier 2028.

À partir de quand un logement F sera-t-il interdit à la location ?

Le 1er janvier 2028 en France métropolitaine : à cette date, un logement devra afficher au moins la classe E pour être considéré comme décent, donc louable. En outre-mer, l'interdiction des F intervient en 2031.

Puis-je augmenter le loyer d'un logement classé F ?

Non. Depuis le 24 août 2022, toute hausse de loyer d'un logement classé F ou G est interdite (indexation, relocation ou renouvellement), tant qu'aucun travaux n'a amélioré son classement.

Le nouveau DPE 2026 peut-il améliorer l'étiquette de mon logement ?

Oui, si votre logement est chauffé à l'électricité. Depuis le 1er janvier 2026, le coefficient de l'électricité est passé de 2,3 à 1,9, ce qui réduit d'environ 17 % la consommation d'énergie primaire affichée. Certains logements F passent ainsi en E sans travaux. Vous pouvez régénérer gratuitement votre DPE sur l'observatoire de l'ADEME.

Que faire si mon logement reste classé F ?

Anticipez l'échéance de 2028 : faites le point sur votre DPE, vérifiez si le nouveau calcul 2026 vous est favorable, puis planifiez des travaux pour atteindre au moins la classe E. Les aides (MaPrimeRénov', Certificats d'économies d'énergie) peuvent financer une partie importante du chantier.

En résumé

Oui, vous pouvez louer votre logement classé F en 2026 — mais c'est une fenêtre qui se referme. Entre le gel des loyers déjà en vigueur et l'interdiction de 2028, l'attentisme coûte cher. La première étape consiste à comprendre exactement où se situe votre bien et ce qui le fait basculer du bon côté de l'étiquette.

Pour savoir précisément ce que votre DPE implique pour votre location et quels travaux prioriser, notre rapport DPE personnalisé (8,49 €) décrypte votre diagnostic et vous donne une feuille de route claire.