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COMPRENDRE LE DPE

Confort d'été et DPE en 2026 : l'indicateur méconnu que la loi Logement veut renforcer

Confort d'été et DPE en 2026 : l'indicateur méconnu que la loi Logement veut renforcer

48,2 % des logements français notent « insuffisant » sur un indicateur du DPE que presque personne ne regarde : le confort d'été. Selon une étude publiée en juin 2026 par Pouget Consultants pour l'alliance IGNES, sur 8,93 millions de DPE analysés, 9 logements sur 10 n'atteignent pas la note « bon » face aux fortes chaleurs — y compris des logements très bien classés A ou B pour le chauffage. Un angle mort du diagnostic que le Sénat vient justement de vouloir corriger, en adoptant le 8 juillet 2026 un projet de loi qui inscrit le confort d'été dans la définition même de la « rénovation performante ». Voici ce qu'il faut comprendre, dès maintenant, sur cet indicateur et sur la réforme en cours.

Le confort d'été, un indicateur du DPE que personne ne lit

Depuis la réforme entrée en vigueur le 1er juillet 2021 (arrêté du 31 mars 2021 relatif au DPE, complété par l'arrêté du 8 octobre 2021), la deuxième page de votre diagnostic de performance énergétique comporte un indicateur spécifique dédié au confort d'été, distinct de l'étiquette énergie A à G qui, elle, ne mesure que la consommation de chauffage, d'eau chaude, de refroidissement, d'éclairage et de ventilation.

Cet indicateur évalue uniquement le confort d'été passif : la capacité du logement à rester supportable pendant un épisode de forte chaleur, sans recourir à un système consommant de l'énergie. Autrement dit, une climatisation, aussi puissante soit-elle, n'entre pas dans le calcul — seuls comptent les éléments structurels du bâtiment.

À retenir : deux logements peuvent avoir la même étiquette énergie (par exemple B) et un confort d'été totalement différent. Un appartement bien isolé pour l'hiver, plein sud, sans volets extérieurs, peut devenir une « boîte à four » l'été — c'est exactement ce que documente l'étude Pouget Consultants/IGNES de juin 2026.

Comment est calculé le confort d'été : les 5 critères

Le diagnostiqueur évalue cinq paramètres, définis par la méthode 3CL-DPE 2021 (annexe de l'arrêté du 31 mars 2021), pour aboutir à une note qualitative en trois niveaux : bon, moyen ou insuffisant.

CritèreCe qui est vérifié
Protections solaires extérieuresPrésence suffisante de volets, stores, brise-soleil ou masques végétaux devant les baies vitrées
Isolation de la toiturePour les logements au dernier étage et les maisons : la toiture doit être isolée pour limiter la surchauffe sous le toit
Inertie du logementCapacité des matériaux (murs, planchers) à stocker la fraîcheur nocturne et à la restituer le jour
Caractère traversantPossibilité de créer un courant d'air entre deux façades opposées pour évacuer la chaleur la nuit
Équipement en brasseur d'airPrésence de ventilateurs de plafond ou muraux, qui améliorent la sensation de fraîcheur sans consommer beaucoup d'énergie

La logique de notation est binaire à l'entrée : si le logement n'a pas de protections solaires extérieures suffisantes, ou si sa toiture n'est pas isolée (pour les cas concernés), il est automatiquement classé « insuffisant », quel que soit le résultat des trois autres critères. Ce n'est que si ces deux conditions de base sont remplies que le logement peut prétendre à « bon », à condition de réunir au moins deux des trois critères secondaires (inertie, caractère traversant, brasseur d'air).

Le chiffre qui dérange : 9 logements sur 10 mal notés

L'étude Pouget Consultants pour l'alliance IGNES, publiée en juin 2026 et fondée sur l'analyse de 8,93 millions de DPE issus de la base de l'ADEME, dresse un constat sans appel :

Note de confort d'étéPart des logements
Insuffisant48,2 %
Moyen40,7 %
Bon11 %

Les maisons individuelles sont plus exposées que les appartements (56,7 % notées « insuffisant », contre 42,1 % pour les appartements), en raison d'une surface de façade exposée au soleil plus importante. Le facteur le plus discriminant reste l'absence de protections solaires extérieures : 43 % des logements analysés en manquent (50 % des maisons), alors que seuls 8 % des logements qui en sont équipés sont notés « insuffisant ».

Le paradoxe à connaître : parmi les logements classés A ou B au DPE — donc excellents pour le chauffage hivernal, notamment grâce à la réforme du coefficient électrique 2026 — 35 % restent notés « insuffisant » en confort d'été, et 9 sur 10 n'atteignent pas « bon ». Une bonne étiquette énergie ne garantit donc absolument pas un logement frais l'été.

Ce qui change avec le projet de loi Logement adopté au Sénat le 8 juillet 2026

C'est dans ce contexte que le Sénat a adopté, le 8 juillet 2026, en procédure accélérée, le projet de loi visant la relance et la décentralisation du logement. Le texte, déposé le 24 juin 2026 puis redéposé au Sénat le 25 juin après un bref passage par l'Assemblée nationale, a été transmis à l'Assemblée nationale le 9 juillet 2026 pour un examen prévu à la rentrée de septembre. Les sénateurs y ont ajouté plusieurs dispositions qui, pour la première fois, donnent une portée juridique concrète au confort d'été.

Le confort d'été entre dans la définition légale de la « rénovation performante »

Jusqu'ici, une rénovation dite « performante » ou « globale » se jugeait presque exclusivement sur des critères hivernaux (gain de classe DPE, réduction de la consommation de chauffage). Le texte adopté au Sénat intègre désormais le confort d'été dans cette définition : un logement rénové devra aussi démontrer sa capacité à limiter la surchauffe, pas seulement à limiter les déperditions de chaleur en hiver.

Des travaux anti-surchauffe dans les plans pluriannuels de travaux des copropriétés

Le texte intègre également les travaux de lutte contre la surchauffe et d'amélioration du confort d'été dans les plans pluriannuels de travaux (PPT), obligatoires depuis le 1er janvier 2025 pour les copropriétés d'immeubles de plus de 15 ans. Concrètement, les syndics devront désormais budgétiser et planifier ce type de travaux (protections solaires, isolation de toiture) au même titre que les travaux d'isolation thermique hivernale classiques.

Un avis des Architectes des bâtiments de France assoupli

Autre mesure notable : dans les zones protégées, l'avis des Architectes des bâtiments de France (ABF) sur la pose de protections solaires extérieures (volets, brise-soleil) passerait d'un avis conforme (qui s'impose) à un avis simple (consultatif), afin de ne plus bloquer ce type de travaux pour des motifs purement esthétiques. Une « clause passerelle » faciliterait par ailleurs le vote de ces travaux en assemblée générale de copropriété, à la majorité simple plutôt qu'à une majorité renforcée.

À retenir : ces trois mesures visent le même objectif — sortir le confort d'été de sa case « indicateur informatif ignoré » pour en faire un critère qui compte réellement dans les obligations de rénovation, notamment en copropriété.

Attention : ce n'est encore qu'un projet de loi

Il est important de ne pas confondre un texte adopté au Sénat et une loi en vigueur. Le projet de loi doit encore être examiné par l'Assemblée nationale à la rentrée de septembre 2026, où son parcours s'annonce plus disputé, faute de majorité absolue — la gauche a notamment dénoncé, sur d'autres volets du texte (dont celui relatif aux passoires thermiques F et G, réautorisées à la location sous conditions par ce même projet de loi), un recul du calendrier national de rénovation énergétique.

Tant que le texte n'est pas définitivement adopté puis promulgué, aucune de ces mesures n'est applicable : le confort d'été reste, pour l'instant, un indicateur informatif du DPE, sans conséquence juridique directe sur la définition d'une rénovation performante ni sur les plans pluriannuels de travaux.

Que faire concrètement si votre confort d'été est « insuffisant »

En attendant une éventuelle entrée en vigueur, plusieurs leviers, tous compatibles avec les critères d'évaluation, permettent d'améliorer concrètement la note :

  • Installer des protections solaires extérieures (volets battants ou roulants, brise-soleil orientables, stores bannes) devant les baies les plus exposées : c'est le critère le plus discriminant, celui qui déclenche à lui seul un classement « insuffisant » s'il est absent.
  • Isoler la toiture ou les combles, indispensable pour les logements situés au dernier étage ou en maison individuelle — un chantier qui améliore à la fois le confort d'été et l'étiquette hivernale (voir notre guide sur l'isolation des combles).
  • Favoriser la ventilation nocturne traversante, en ouvrant les fenêtres opposées la nuit lorsque c'est possible, pour évacuer la chaleur accumulée dans la journée.
  • Installer un ou plusieurs brasseurs d'air, une solution peu coûteuse qui améliore la sensation de fraîcheur sans quasiment consommer d'électricité.
  • Envisager la climatisation réversible en dernier recours : elle n'améliore pas la note de confort d'été passif du DPE (seul le bâti compte), mais reste une réponse efficace au quotidien — voir notre dossier sur la climatisation réversible, prix et aides 2026.

Pour savoir précisément où se situe votre logement sur ces critères et prioriser les travaux les plus utiles, la lecture détaillée de votre DPE est la première étape — voir notre guide pour lire et comprendre son DPE.

Questions fréquentes

Qu'est-ce que le confort d'été dans le DPE ? C'est un indicateur qualitatif (bon, moyen, insuffisant), présent depuis la réforme du 1er juillet 2021, qui évalue la capacité d'un logement à rester supportable en été sans recourir à un système de refroidissement actif consommant de l'énergie. Il est distinct de l'étiquette énergie A à G.

Comment est calculé l'indicateur de confort d'été ? Cinq critères sont examinés : protections solaires extérieures, isolation de la toiture (dernier étage/maison), inertie du logement, caractère traversant et présence de brasseurs d'air. L'absence de protections solaires extérieures ou d'une toiture isolée entraîne automatiquement la note « insuffisant » ; la note « bon » suppose en plus de réunir au moins deux des trois critères restants.

Que change le projet de loi Logement adopté au Sénat le 8 juillet 2026 pour le confort d'été ? Le texte, encore en cours d'examen, intègre le confort d'été dans la définition légale de la rénovation énergétique performante, impose de budgétiser les travaux anti-surchauffe dans les plans pluriannuels de travaux des copropriétés, et assouplit l'avis des Architectes des bâtiments de France sur la pose de protections solaires extérieures.

La climatisation améliore-t-elle la note de confort d'été au DPE ? Non. Seul le confort d'été passif est évalué : un système de refroidissement actif comme la climatisation, même très performant, n'entre pas dans le calcul de cet indicateur, qui ne porte que sur les caractéristiques du bâti.

Le confort d'été concerne-t-il aussi les copropriétés ? Oui, de plus en plus : le projet de loi adopté au Sénat prévoit d'intégrer les travaux de lutte contre la surchauffe dans les plans pluriannuels de travaux, obligatoires depuis le 1er janvier 2025 dans les copropriétés d'immeubles de plus de 15 ans.

Cette réforme est-elle déjà applicable ? Non. Il ne s'agit à ce stade que d'un projet de loi adopté en première lecture au Sénat. Il doit encore être examiné par l'Assemblée nationale à la rentrée de septembre 2026, puis promulgué, avant que ces dispositions ne deviennent contraignantes.

En résumé

Le confort d'été est un indicateur du DPE largement ignoré, alors que 9 logements sur 10 n'obtiennent pas la note « bon » selon l'étude Pouget Consultants/IGNES de juin 2026 — y compris des logements très bien classés pour le chauffage. Le Sénat, en adoptant le 8 juillet 2026 le projet de loi relance et décentralisation du logement, propose de lui donner enfin une portée concrète : intégration dans la définition de la rénovation performante, travaux obligatoires en copropriété, avis ABF assoupli. Le texte doit encore passer l'épreuve de l'Assemblée nationale à la rentrée. En attendant, la meilleure protection reste entre vos mains : protections solaires extérieures et isolation de toiture en tête. Pour savoir où se situe précisément votre logement, obtenez votre rapport DPE personnalisé à 8,49 €, ou consultez notre guide rénovation énergétique pour prioriser vos travaux.