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ACHAT & VENTE

DPE et prêt immobilier en 2026 : pourquoi une passoire coûte plus cher à financer

DPE et prêt immobilier en 2026 : pourquoi une passoire coûte plus cher à financer

Une banque ne refuse pas automatiquement un prêt parce que le logement est classé F ou G. Elle ajuste trois choses : le montant qu'elle accepte de prêter, le taux, et parfois l'accès à certains prêts aidés. Voici ce qui joue vraiment, et comment l'anticiper avant de signer une offre.

Ce que regarde vraiment la banque quand le DPE est mauvais

Le DPE n'est pas un critère d'octroi de crédit inscrit dans le code monétaire et financier : aucune loi n'oblige une banque à refuser un dossier parce que le logement consomme plus de 420 kWh/m²/an. Dans les faits, deux mécanismes bancaires classiques suffisent à pénaliser une passoire thermique sans qu'aucun texte spécifique ne le prévoie.

D'abord, l'évaluation du bien en garantie. Un logement classé F ou G, promis à une interdiction de location progressive, pèse moins lourd dans l'estimation que fait la banque de sa valeur de revente à moyen terme — c'est la même logique que la décote qu'on retrouve à la vente. Ensuite, le budget travaux : si l'acheteur prévoit d'isoler ou de changer le chauffage, la banque l'intègre souvent dans le plan de financement, ce qui augmente le montant total emprunté et donc la mensualité. Sur ce sujet, l'impact du DPE sur le prix de vente explique bien pourquoi les acheteurs négocient plus dur sur une passoire — la banque raisonne selon la même logique de risque.

Le taux d'endettement à 35 % : la vraie limite, DPE ou pas

Le chiffre clé : depuis [la décision du Haut Conseil de stabilité financière du 29 septembre 2021](https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000044178669), toute banque doit refuser un crédit immobilier si le taux d'endettement dépasse 35 % des revenus, assurance emprunteur comprise, sur une durée maximale de 25 ans (27 ans dans certains cas de différé).

Cette règle ne mentionne pas le DPE. Mais elle explique indirectement pourquoi une passoire coûte plus cher à financer : si le budget travaux s'ajoute au prix d'achat, le montant emprunté grimpe, et le taux d'endettement grimpe avec lui. Un dossier qui passait de justesse à 34 % peut basculer au-dessus de 35 % une fois les 40 000 € de travaux d'isolation intégrés — et la banque est alors tenue de refuser, quel que soit le profil de l'emprunteur. C'est ce mécanisme, plus qu'une discrimination liée à l'étiquette, qui bloque le plus de dossiers.

Le PTZ pour un logement ancien à rénover : la seule aide qui cite vraiment le DPE

Il existe un dispositif où la condition énergétique est écrite noir sur blanc dans les textes : le prêt à taux zéro (PTZ) pour l'achat d'un logement ancien avec travaux. Selon la fiche officielle sur le PTZ pour l'achat d'un logement ancien, ce prêt n'est accessible que dans les communes classées en zone B2 ou C, à condition que les travaux représentent au moins 25 % du coût total de l'opération (achat + travaux). Sur le volet énergétique, deux cas : si un DPE réalisé avant le 30 juin 2021 existe et reste valide, il doit afficher une consommation inférieure à 331 kWh/m²/an ; sinon, le DPE réalisé après travaux doit atteindre au moins la classe D.

À retenir : le PTZ a été prorogé jusqu'au 31 décembre 2027, avec des plafonds de ressources revalorisés pour 2026. Il ne finance jamais seul l'opération : il doit obligatoirement s'accompagner d'un autre prêt (prêt principal, PAS ou prêt épargne logement).

Ce PTZ « ancien avec travaux » ne doit pas être confondu avec l'éco-PTZ, qui finance uniquement les travaux d'un logement déjà possédé, sans condition de ressources. Les deux peuvent, dans certains montages, se compléter : l'un aide à acheter, l'autre à rénover après l'achat.

Exemple chiffré : financer une maison classée F en zone C

Cas concret — Maison classée F de 90 m², zone C

Prix d'achat : 150 000 €. Devis travaux (isolation des combles et remplacement de la chaudière) : de l'ordre de 50 000 à 55 000 €, soit environ 25 à 27 % du coût total de l'opération. Sous réserve des plafonds de ressources de la zone, le couple peut mobiliser un PTZ en complément d'un prêt bancaire classique.

Ce que ça change : la banque intègre les 200 000 € empruntés (achat + travaux) dans le calcul du taux d'endettement, pas seulement les 150 000 € du bien. C'est ce total qui doit rester sous les 35 % de charges, assurance comprise.

Ce type de montage est fréquent dans les villes moyennes : à Limoges par exemple, où 5,5 % des logements diagnostiqués sont des passoires thermiques, une bonne partie du parc ancien reste accessible avec un plan de travaux raisonnable. Pour situer la part de passoires ville par ville, le baromètre des passoires thermiques donne une vision plus large du parc concerné en France.

Sécuriser son dossier avant de signer

Trois réflexes limitent les mauvaises surprises au moment de l'offre de prêt :

Impact du DPE sur le financement, classe par classe

ClasseÉnergie primaire (kWh/m²/an)Impact typique sur le financement
D181 à 250Neutre, financement standard
E251 à 330Décote modérée à la valorisation du bien
F331 à 420Travaux souvent intégrés au plan de financement, PTZ ancien possible
Gau-delà de 420Décote plus marquée, apport souvent demandé plus élevé

Les seuils de cette classification sont fixés par l'arrêté du 31 mars 2021 relatif au diagnostic de performance énergétique, et rappelés sur la page du ministère de la Transition écologique consacrée au DPE.

Questions fréquentes

Une banque peut-elle refuser un prêt uniquement parce que le logement est classé G ?

Non, aucun texte n'autorise un refus automatique fondé sur la seule étiquette. En revanche, la banque évalue la valeur du bien à la baisse et intègre souvent un budget travaux dans le plan de financement, ce qui peut faire dépasser le taux d'endettement maximal de 35 % et entraîner un refus indirect.

Le taux du crédit est-il plus élevé pour une passoire thermique ?

Il n'existe pas de majoration réglementaire liée au DPE. Certaines banques ajustent leurs conditions au cas par cas selon le risque perçu sur la valeur future du bien, mais rien n'oblige à un taux plus élevé. La différence vient surtout du montant total emprunté une fois les travaux intégrés.

Qu'est-ce que le PTZ pour un logement ancien avec travaux ?

C'est un prêt sans intérêts qui finance une partie de l'achat d'un logement ancien en zone B2 ou C, à condition que les travaux représentent au moins 25 % du coût total de l'opération et que le logement atteigne la classe D après travaux (ou un DPE avant travaux sous 331 kWh/m²/an).

Faut-il un DPE avant de faire une offre de prêt ?

Le DPE est obligatoire dès la mise en vente, donc il existe déjà à ce stade. Il permet à l'acheteur de chiffrer les travaux nécessaires avant de déposer son dossier bancaire, ce qui évite les mauvaises surprises sur le montant réel à emprunter et sur le taux d'endettement final.

Le PTZ et l'éco-PTZ peuvent-ils se cumuler ?

Ce sont deux dispositifs différents qui répondent à des besoins distincts : le PTZ aide à financer l'achat d'un logement ancien avec travaux, l'éco-PTZ finance des travaux de rénovation énergétique sans condition de ressources. Selon le montage, les deux peuvent intervenir à des moments différents du projet.

À retenir avant de déposer votre dossier

Le DPE n'est écrit dans aucun texte bancaire comme motif de refus, mais il pèse sur deux leviers bien réels : la valeur du bien en garantie et le montant total à emprunter une fois les travaux comptés. Avant de vous engager, faites chiffrer précisément l'état du logement : un rapport DPE personnalisé permet de visualiser la classe, les postes de consommation qui pèsent le plus, et les marges de progression avant même de discuter avec votre banquier.