
Sur un devis de travaux, le taux de TVA passe souvent inaperçu — à tort. Entre 5,5 %, 10 % et 20 %, l'écart peut représenter plusieurs centaines, voire plusieurs milliers d'euros sur un chantier de rénovation énergétique. La bonne nouvelle : la plupart des travaux qui font gagner des classes au DPE (isolation, pompe à chaleur, chauffe-eau performant…) bénéficient du taux réduit de 5,5 %, automatiquement, et cumulable avec les autres aides. Mais les règles ont bougé en 2025 et 2026 : fin du taux réduit pour les chaudières gaz, suppression de l'attestation papier… Voici, concrètement, ce à quoi vous avez droit en 2026.
TVA à 5,5 %, 10 % ou 20 % : les trois taux à connaître
En rénovation, trois taux de TVA coexistent. C'est la nature des travaux — et l'âge du logement — qui détermine lequel s'applique.
| Taux | À quoi il s'applique |
|---|---|
| 5,5 % | Travaux d'amélioration de la performance énergétique du logement (isolation, chauffage performant, ventilation…) et travaux « induits » qui leur sont indissociables |
| 10 % | Autres travaux d'amélioration, de transformation, d'aménagement et d'entretien d'un logement achevé depuis plus de 2 ans |
| 20 % | Chaudières gaz et fioul, climatisation/PAC air-air, logements de moins de 2 ans, construction neuve, gros agrandissement |
Le taux de 5,5 % est défini par l'article 278-0 bis A du Code général des impôts. Il ne s'agit pas d'une aide qu'on demande : c'est l'entreprise qui l'applique directement sur la facture. Vous n'avancez donc pas la TVA pleine pour vous la faire rembourser ensuite — l'économie est immédiate.
Quels travaux bénéficient de la TVA à 5,5 % en 2026 ?
Le taux réduit vise les équipements et matériaux qui améliorent la performance énergétique. En pratique, l'essentiel des gestes de rénovation est concerné :
- Isolation : combles et toiture, murs (par l'isolation des murs ou des combles), planchers bas, et remplacement des fenêtres par du double vitrage performant (voir changer ses fenêtres) ;
- Chauffage et eau chaude performants : pompe à chaleur air/eau (et autres PAC sauf air-air), poêle ou chaudière à granulés, chauffe-eau thermodynamique, chauffe-eau solaire ;
- Ventilation : VMC, notamment double flux ;
- Travaux induits : ceux indissociables des travaux éligibles (par exemple la reprise d'enduit après une isolation par l'extérieur).
Chaudières gaz et fioul : fini le taux réduit
C'est le grand changement de ces deux dernières années. Depuis le 1er mars 2025, l'installation d'une chaudière au gaz n'est plus éligible au taux réduit : elle est désormais facturée à 20 % de TVA (contre 10 % auparavant). Les chaudières au fioul sont logées à la même enseigne. La mesure, votée dans la loi de finances pour 2025, vise à décourager le remplacement d'un appareil fossile par un autre.
Si vous hésitez encore sur votre système de chauffage, notre article sur ce qui est vrai à propos de la chaudière gaz en 2026 fait le point sur les obligations et l'impact réel sur l'étiquette.
Les conditions à respecter
Pour profiter du taux de 5,5 % (comme du taux de 10 %), trois conditions cumulatives :
- Un logement achevé depuis plus de 2 ans à la date de début des travaux, affecté à l'habitation (résidence principale ou secondaire). Propriétaires occupants, bailleurs, locataires, SCI et syndicats de copropriétaires sont éligibles.
- Des travaux réalisés par une entreprise, qui fournit et pose les équipements. Si vous achetez vous-même le matériel et le faites seulement poser, la fourniture reste taxée à 20 %.
- La mention obligatoire sur le devis et la facture.
TVA réduite et aides : un cumul automatique
La TVA à taux réduit n'est pas une aide « concurrente » des autres dispositifs : elle s'applique en amont, sur la facture, avant le calcul des autres aides. Vous pouvez donc la cumuler avec :
- MaPrimeRénov' (prime versée par l'Anah) ;
- les certificats d'économies d'énergie (CEE), ou « primes énergie » ;
- l'éco-PTZ, qui finance le reste à charge à taux zéro ;
- le chèque énergie.
Concrètement, plus le taux de TVA est bas, plus la base de travaux est faible, et plus votre reste à charge après aides est réduit. Pour avoir une vision complète du budget d'un chantier d'ampleur, voir notre dossier sur le coût réel d'une rénovation et les aides 2026.
TVA réduite et DPE : un coup de pouce indirect mais réel
La TVA à 5,5 % n'améliore pas directement votre étiquette : c'est un avantage financier, pas un geste technique. Mais comme elle s'applique précisément aux travaux qui font gagner des classes — isolation, chauffage décarboné, ventilation — elle réduit le coût des leviers les plus efficaces pour sortir d'une passoire thermique. Un DPE amélioré, c'est aussi une meilleure valeur verte à la revente.
Encore faut-il cibler les bons travaux. Avant d'engager un chantier, le bon réflexe est de savoir quel poste plombe précisément votre étiquette : notre rapport DPE personnalisé, à 8,49 €, décrypte votre diagnostic ligne par ligne et identifie les priorités. Et pour chiffrer le projet avec les aides et le bon taux de TVA, vous pouvez estimer votre rénovation énergétique.
Questions fréquentes
Quel est le taux de TVA pour des travaux de rénovation énergétique en 2026 ? Les travaux d'amélioration de la performance énergétique (isolation, pompe à chaleur hors air-air, chauffe-eau thermodynamique ou solaire, VMC double flux, fenêtres performantes…) bénéficient du taux réduit de 5,5 %. Les autres travaux d'amélioration d'un logement de plus de 2 ans sont à 10 %, et certaines opérations restent à 20 %.
La chaudière gaz est-elle encore à 5,5 % de TVA ? Non. Depuis le 1er mars 2025, l'installation d'une chaudière au gaz (comme au fioul) est facturée à 20 % de TVA, contre 10 % auparavant. Seule la réparation ou l'entretien d'un appareil existant peut rester à taux réduit. En revanche, remplacer une chaudière par une pompe à chaleur ouvre droit au taux de 5,5 %.
Faut-il encore remplir une attestation pour la TVA à 5,5 % ? Non. L'attestation papier a été supprimée. Il suffit désormais que l'entreprise porte sur le devis et la facture une mention indiquant que les travaux concernent un logement achevé depuis plus de 2 ans et éligible au taux réduit. Sans cette mention, le taux réduit ne s'applique pas.
Puis-je profiter du taux réduit si j'achète moi-même le matériel ? Non, pas sur le matériel. Le taux réduit suppose que l'entreprise fournisse ET pose les équipements. Si vous achetez vous-même les matériaux, ils sont taxés à 20 % ; seule la main-d'œuvre de pose peut, le cas échéant, bénéficier du taux réduit.
La TVA réduite est-elle cumulable avec MaPrimeRénov' et les CEE ? Oui. La TVA à taux réduit s'applique directement sur la facture et se cumule avec MaPrimeRénov', les certificats d'économies d'énergie (CEE), l'éco-PTZ et le chèque énergie. Elle réduit le montant des travaux sur lequel sont ensuite calculées les aides.
Une résidence secondaire est-elle éligible ? Oui. Le taux réduit vaut pour tout logement affecté à l'habitation achevé depuis plus de 2 ans, qu'il s'agisse d'une résidence principale ou secondaire, et que vous soyez propriétaire occupant, bailleur ou même locataire.
En résumé
En 2026, la TVA à 5,5 % reste le coup de pouce le plus discret — et le plus automatique — de la rénovation énergétique : elle couvre l'isolation, les pompes à chaleur (hors air-air), les chauffe-eau performants et la ventilation, sur tout logement de plus de 2 ans, et se cumule avec MaPrimeRénov', les CEE, l'éco-PTZ et le chèque énergie. À retenir : les chaudières gaz et fioul en sont sorties (20 % depuis mars 2025), l'attestation papier a disparu au profit d'une simple mention sur devis et facture, et le matériel acheté en direct n'y a pas droit. Avant de lancer vos travaux, faites décrypter votre DPE pour cibler les gestes qui feront vraiment gagner des classes.


