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RÉGLEMENTATION & DPE

Logement classé G au DPE en 2026 : louer, vendre et comment en sortir

Logement classé G au DPE en 2026 : louer, vendre et comment en sortir

Classée tout en bas du barème, l'étiquette G est la plus contraignante du DPE — et celle qui inquiète le plus les propriétaires. Depuis le 1er janvier 2025, un logement classé G ne peut plus être proposé à la location. Pourtant, autour de cette interdiction, beaucoup d'idées fausses circulent : non, vous n'avez pas l'obligation de faire des travaux ; non, vous ne pouvez pas être expulsé de chez vous ; et oui, vous pouvez toujours vendre. Voici, point par point, ce qu'un DPE G change vraiment en 2026 pour louer, vendre ou rénover — y compris l'assouplissement en cours de discussion au Parlement.

Classe G : ce que signifie vraiment cette étiquette

Le DPE classe les logements de A (le plus performant) à G (le plus énergivore), à partir de leur consommation d'énergie primaire (en kWh/m²/an) et de leurs émissions de gaz à effet de serre (en kg CO₂/m²/an). La classe G correspond au seuil le plus élevé : plus de 420 kWh/m²/an d'énergie primaire, ou plus de 100 kg CO₂/m²/an.

ClasseÉnergie primaire (kWh/m²/an)
A≤ 70
B71 à 110
C111 à 180
D181 à 250
E251 à 330
F331 à 420
G≥ 421

Deux points essentiels. D'abord, le DPE comporte deux étiquettes — une pour l'énergie, une pour le climat (CO₂) — et c'est toujours la moins favorable des deux qui détermine votre classe finale. Un logement peut donc être classé G à cause de ses seules émissions (typiquement un chauffage au fioul ou au gaz ancien), même avec une consommation un peu plus basse. Ensuite, les classes F et G forment ce qu'on appelle les « passoires thermiques » : au 1er janvier 2025, on en comptait environ 3,9 millions parmi les résidences principales (estimation SDES). Pour décrypter votre étiquette ligne par ligne, voir notre guide pour lire et comprendre son DPE.

Louer un logement classé G en 2026 : l'interdiction est en vigueur

C'est le changement majeur. Depuis le 1er janvier 2025, un logement classé G n'est plus considéré comme « décent » au sens énergétique : il ne peut donc plus faire l'objet d'un nouveau bail, d'un renouvellement ou d'une reconduction. Cette règle découle de la loi Climat et Résilience, qui fixe un calendrier progressif :

  • depuis le 1er janvier 2025 : interdiction de louer les logements G ;
  • au 1er janvier 2028 : interdiction étendue aux logements F ;
  • au 1er janvier 2034 : interdiction étendue aux logements E.
Ce que l'interdiction veut dire (et ne veut pas dire) : un bail signé avant 2025 peut se poursuivre normalement — votre locataire actuel n'a pas à partir. En revanche, vous ne pouvez ni signer un nouveau bail, ni renouveler le bail en cours tant que le logement reste classé G. En pratique, le locataire peut aussi exiger des travaux de mise en conformité énergétique.

À cela s'ajoute le gel des loyers : depuis le 24 août 2022, il est interdit d'augmenter le loyer (révision annuelle comme à la relocation) d'un logement classé F ou G. Le détail de toutes ces dates figure dans notre calendrier complet d'interdiction de location, et le cas voisin est traité dans notre article sur louer un logement classé F.

Attention : un assouplissement est en discussion (mais pas encore voté)

Le 23 avril 2026, le gouvernement a présenté un projet de loi « Relance logement » qui prévoit d'assouplir l'interdiction. Dans le texte, un bailleur pourrait continuer à louer un logement G à deux conditions : s'engager formellement à réaliser des travaux de rénovation énergétique, et les achever dans un délai de 3 ans (maison individuelle) ou 5 ans (logement en copropriété). Le gouvernement espère ainsi remettre sur le marché entre 650 000 et 700 000 logements d'ici 2028.

À retenir : ce projet de loi sera examiné par le Parlement au cours de l'été 2026. Tant qu'il n'est pas voté et promulgué, rien ne change : les logements G restent interdits à la location depuis le 1er janvier 2025. Méfiez-vous des sites qui présentent déjà cet assouplissement comme acquis.

Vendre un logement classé G : c'est possible, avec un audit obligatoire

Bonne nouvelle côté vente : aucune classe de DPE n'interdit la vente, pas même la classe G. Vous pouvez vendre votre logement quand vous le voulez. La seule contrainte spécifique aux passoires, c'est l'audit énergétique réglementaire, à fournir dès la mise en vente (pour les logements individuels et les immeubles en monopropriété) :

  • depuis le 1er avril 2023 : audit obligatoire pour vendre un logement F ou G ;
  • depuis le 1er janvier 2025 : étendu aux logements E.

Concrètement, pour vendre un logement classé G en 2026, vous devez joindre au dossier un audit énergétique en plus du DPE. Cet audit, plus poussé, décrit l'état du bien et propose un parcours de travaux chiffré (avec gains de classe attendus et aides mobilisables). Il est à la charge du vendeur. Tout est détaillé dans nos guides sur l'audit énergétique obligatoire à la vente et sur la marche à suivre pour vendre une passoire thermique.

La décote à la revente : la classe G est la plus pénalisée

Vendre est permis, mais rarement au prix d'un bien équivalent mieux classé. C'est l'effet « valeur verte » : plus l'étiquette est mauvaise, plus la décote est forte. Dans les études des Notaires de France, la classe D sert de référence, et ce sont les logements F et G qui subissent les plus fortes décotes — souvent à deux chiffres en pourcentage selon les régions. S'ajoute un effet de marché : depuis l'entrée en vigueur de l'interdiction de location, les investisseurs se détournent des passoires, ce qui pèse encore sur les prix et les délais de vente.

Le réflexe avant de vendre : un DPE trop sévère (mauvaise saisie, données manquantes, diagnostic ancien) peut vous coller une étiquette G injustifiée — et donc une décote évitable. Vérifier la fiabilité de votre diagnostic peut rapporter gros.

Pour chiffrer l'impact réel sur votre prix, voir notre dossier sur la valeur verte et son effet sur le prix de vente. Et si votre étiquette vous paraît injuste, notre guide explique comment contester un DPE erroné.

Réforme 2026 : votre G a peut-être déjà changé de classe

Élément capital, souvent ignoré. Depuis le 1er janvier 2026, le coefficient qui convertit l'électricité en énergie primaire est passé de 2,3 à 1,9. Résultat : un logement chauffé à l'électricité voit sa consommation primaire baisser d'environ 17 % dans le calcul, sans aucun travaux. La réforme fait ainsi sortir près de 850 000 logements du statut de passoire thermique. Un logement classé G uniquement à cause de l'électricité peut remonter en F, voire en E — et donc, dans certains cas, redevenir louable.

Si votre logement est chauffé à l'électricité et que votre DPE date d'avant 2026, il est peut-être désormais sous-évalué. Vous pouvez faire recalculer votre étiquette « nouvelle formule » : voir notre article sur la réforme du DPE 2026 et le nouveau coefficient de l'électricité. Pensez aussi à vérifier que votre diagnostic est toujours valable avec notre guide sur la durée de validité d'un DPE. À l'inverse, si votre G vient d'un chauffage au gaz ou au fioul, la réforme ne vous aide pas : c'est l'étiquette climat qui vous plombe, et seule une rénovation changera la donne (à ce sujet, lire ce qui est vrai sur la chaudière gaz en 2026).

Comment sortir de la classe G : travaux et aides 2026

Sortir d'une étiquette G demande presque toujours une rénovation d'ampleur : isoler (combles, murs) et remplacer le système de chauffage énergivore (fioul, gaz ancien, convecteurs électriques) par une solution performante comme une pompe à chaleur. L'ordre des travaux compte : on traite d'abord l'enveloppe (isolation), puis le chauffage. Notre guide par où commencer pour gagner des classes détaille les gestes à plus fort effet, et notre dossier sur le coût réel d'une rénovation et les aides donne les ordres de grandeur.

Côté financement, les passoires restent prioritaires en 2026 :

  • MaPrimeRénov' : le parcours est recentré sur les passoires. Les logements F et G conservent un accès au parcours par geste jusqu'au 31 décembre 2026, avant le passage à la rénovation d'ampleur en 2027. L'aide en rénovation d'ampleur couvre de 30 % à 80 % du montant des travaux selon les revenus, dans la limite de plafonds de 30 000 € à 40 000 € selon le nombre de classes gagnées.
  • Éco-PTZ : un prêt à taux zéro jusqu'à 50 000 € pour financer le reste à charge, cumulable avec MaPrimeRénov' — voir notre article sur l'éco-PTZ 2026 et son cumul.

Avant tout chantier, le bon réflexe est de savoir quel poste plombe précisément votre étiquette et quels travaux feraient réellement gagner des classes. Notre rapport DPE personnalisé, à 8,49 €, décrypte votre diagnostic ligne par ligne et identifie les priorités. Et pour chiffrer le projet avec les aides 2026, vous pouvez estimer votre rénovation énergétique.

Questions fréquentes

Peut-on encore louer un logement classé G en 2026 ? Non, pas pour un nouveau bail. Depuis le 1er janvier 2025, un logement classé G n'est plus décent énergétiquement : impossible de signer un nouveau bail, de le renouveler ou de le reconduire. Un bail signé avant cette date peut toutefois se poursuivre. Un projet de loi pourrait assouplir cette règle sous condition de travaux, mais il n'est pas encore voté.

Peut-on vendre un logement classé G ? Oui. Aucune classe de DPE n'interdit la vente. Vous devez seulement joindre au dossier un audit énergétique réglementaire (obligatoire pour les logements F et G depuis le 1er avril 2023), en plus du DPE. L'audit est à la charge du vendeur.

Suis-je obligé de faire des travaux si mon logement est classé G ? Non. Aucune loi n'oblige un propriétaire à rénover. L'interdiction porte sur la mise en location, pas sur la détention ni sur l'occupation : vous pouvez continuer à habiter votre logement G sans aucune obligation de travaux.

Combien coûte la sortie d'une classe G ? Cela dépend du logement, mais sortir d'un G suppose en général une rénovation d'ampleur (isolation + chauffage) dont le coût se chiffre souvent en dizaines de milliers d'euros, en partie couverts par MaPrimeRénov', l'éco-PTZ et les CEE. Un audit ou un rapport DPE détaillé permet de cibler les travaux les plus rentables.

La réforme 2026 peut-elle faire sortir mon logement de la classe G ? Oui, si votre logement est chauffé à l'électricité. Depuis le 1er janvier 2026, le coefficient de conversion de l'électricité est passé de 2,3 à 1,9, ce qui baisse la consommation primaire d'environ 17 %. Près de 850 000 logements quittent ainsi le statut de passoire sans travaux. En revanche, un G dû au gaz ou au fioul n'est pas concerné.

Que risque un propriétaire qui loue malgré l'interdiction ? Le logement étant juridiquement « non décent », le locataire peut saisir le juge pour exiger des travaux, une réduction de loyer voire des dommages et intérêts. Le bailleur ne peut pas non plus augmenter le loyer (gel des loyers F-G depuis le 24 août 2022).

En résumé

En 2026, la classe G est l'étiquette la plus contraignante du DPE : location interdite depuis 2025 (sauf bail en cours), gel des loyers, audit obligatoire pour vendre et forte décote à la revente. Mais détenir ou habiter un logement G reste libre, et la vente n'est jamais interdite. Deux leviers peuvent améliorer votre situation : la réforme 2026 sur l'électricité, qui peut faire remonter de classe un logement chauffé à l'élec, et une rénovation aidée pour sortir durablement de la passoire. Première étape avant tout chantier : faire décrypter votre DPE pour savoir exactement quoi améliorer en priorité.